Une marche contre le racisme d’Etat et la politique d’immigration – La Marseillaise – 29 mai 2011

Une marche contre le racisme d’Etat et la politique d’immigration
28-05-2011

Près de 200 personnes ont défilé avec pour mot d’ordre « non au kärcher, non au charter » pour réclamer la régularisation de tous les sans-papiers.

photo DAVID MAUGENDRE
Le collectif de sans-papiers, D’ailleurs nous sommes d’ici, a pique-niqué et défilé samedi après-midi à Montpellier.

C’est à l’occasion d’un triste anniversaire que les membres du collectif D’ailleurs nous sommes d’ici ont défilé samedi. Celui de la création du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, aujourd’hui disparu, qui a vu le jour au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. L’appel national lancé par le collectif a été relayé à Montpellier où près de 200 manifestants ont marché dans les rues de la capitale héraultaise pour dénoncer le racisme d’État et les politiques d’immigration de l’actuel gouvernement.
Sur fond rouge, jaune, bleu ou vert, le cortège s’est mis en route depuis le Peyrou, après un pique-nique citoyen, en portant haut le slogan « Ni kärcher, ni charter ». C’est que la lutte du collectif, qui a été créé pour fédérer toutes les structures anti-raciste ou de défense des immigrés et sans-papiers, s’articule autour de deux volets : « La défense des populations stigmatisées des quartiers en combattant l’islamophobie et les discriminations, mais aussi la défense de la libre circulation malmenée par l’inhumanité des politiques actuelles qui empêchent l’application du droit d’asile », explique Anaïs Leboeuf, membre du collectif.
« La chasse aux étrangers est ouverte, annonce la militante. Ce n’est pas l’apanage de ce gouvernement-là, mais il l’exacerbe vraiment. » « Le racisme est dans le code génétique de la République », poursuit William Vey, membre du NPA et syndiqué au Snes FSU. Il cite pour exemple la préférence nationale, qui prive les étrangers d’accéder à certains emplois, mais aussi l’obligation pour les vieux travailleurs maghrébins – les Chibanis – de justifier de leur présence sur le territoire français afin d’obtenir leurs prestations sociales. « On ne demande pas aux autres retraités « français » où ils vont dépenser leurs économies ! », dénonce William Vey qui s’insurge contre toutes ces « inégalités de droit ».
Le collectif s’inquiète également de la banalisation du discours racial et des mythes véhiculés sur l’immigration. « L’immigré qui piquerait le travail des Français, l’histoire des quotas dans l’équipe de France, les enfants d’immigrés qui seraient la source de l’échec scolaire,… Le racisme n’est pas l’apanage du FN, note William Vey. Mais ce gouvernement a contribué à ce que ce discours se décomplexe, car en période de crise, le racisme est le meilleur moyen de faire passer des politiques de casse sociale. »
Le collectif D’ailleurs nous sommes d’ici, veut donc s’inscrire dans la durée pour « briser le consensus qu’essaie d’installer le gouvernement ». « Nous devons déconstruire un discours qui construit des différences », affirme Anaïs Leboeuf. Pour que les droits élémentaires des immigrés ne soient plus bafoués. Pour que les sans-papiers ne vivent plus dans la peur d’un contrôle d’identité. Pour que la vie fasse preuve d’un peu d’humanité.

MARINE DESSEIGNE

Une soirée de lutte contre les discriminations ethniques est prévue le 14 juin à 20h à la salle Nogaret. Une conférence-débat sera animée par le sociologue Olivier Noël et un membre de l’association des travailleurs maghrébins de France.

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