17 octobre 2011 – 50e anniversaire d’un crime d’État

Il y a cinquante ans : un crime d’État à Paris

Mardi 17 octobre 1961. Près de trente mille Algériennes et Algériens, répondant à l’appel du FLN, décident de manifester pacifiquement en banlieues et dans la capitale pour protester contre le couvre-feu raciste imposé par le préfet de police, Maurice Papon, et le gouvernement de l’époque. Dans la nuit du 17 octobre, agissant sous l’autorité de ce « grand commis de l’Etat », qui avait participé à la déportation des Juifs sous le régime de Vichy, les forces de police se livrent à une véritable chasse à l’homme : plus de 14000 manifestants sont arrêtés. Par leur ampleur et les moyens matériels et humains mobilisés, ces rafles sont sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Sans précédent aussi, le nombre de personnes assassinées à Paris au cours de ces journées d’octobre puisque les forces de l’ordre ont commis un véritable massacre ; le plus important de l’après-guerre perpétré à l’encontre de civils puisque le nombre de victimes s’élève à plusieurs centaines. Des Algériens sont tués par balles, d’autres froidement assassinés dans la cour même de la préfecture de police de Paris, certains jetés vivants dans la Seine ou encore frappés à mort après leur arrestation et leur transfert au palais des Sports, au parc des Expositions et au stade Coubertin devenus, pour l’occasion, autant de lieux de détention. Les massacres du 17 octobre 1961 sont aujourd’hui connus, nous exigeons :

que les plus hautes autorités de ce pays, les femmes et les hommes qui affirment incarner une possible alternance reconnaissent ces massacres comme un crime d’Etat

l’abrogation de la loi scélérate du 23 février 2005 qui officialise une interprétation positive du passé colonial de la France

l’ouverture des archives

 50 ans plus tard, les combats anti-coloniaux et antiracistes sont liés et encore d’actualité. Les habitants français et étrangers des quartiers populaires, surtout s’ils sont originaires du Maghreb et d’Afrique noire, sont toujours considérés comme des ennemis intérieurs stigmatisés, discriminés, soumis à des harcèlements policiers incessants et à des mesures islamophobes. Alors que leur pays est le symbole d’un printemps arabe historique, les quelques milliers de migrants tunisiens sont soumis à une politique toujours plus restrictive et persécutés comme l’avant-garde d’une prétendue « invasion » consécutive aux processus révolutionnaires. Les Roms sont victimes d’une xénophobie d’Etat et d’un plan quinquennal d’expulsions mis en place par le gouvernement. Les sans-papiers quant à eux, pour la plupart issus de ce qu’il faut bien encore appeler la Françafrique, sont traqués et plus précarisés que jama is.

Ni Karcher ! Ni Charter !

Tous ensemble manifestons le lundi 17 octobre 2011 à 18 h

du Bld Poissonnière (Métro Bonne Nouvelle, devant le Cinéma Rex) jusqu’au Pont St-Michel

De nombreux événements, manifestations, rassemblements, débats, projections sont organisés à cette occasion partout en France.

Voir le site du Collectif 17 octobre

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